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Les systèmes
Disons tout d'abord qu'il n'y a aucun système infaillible. En matière de
jeu l'infaillible n'existe pas; mais ce principe ne saurait être la
condamnation de tous les systèmes. Un système pratique, basé autant sur
les données d une longue expérience que sur les calculs mathématiques,
peut être considéré comme une formule apportant au joueur qui l'applique
exactement, la plus grande somme possible de chances.
En outre tout système a l'avantage de donner au joueur qui le suit le
calme et la modération si nécessaire au jeu. C est, en quelque sorte, un
frein à la passion du joueur dont l'ambition souvent ne connaît pas de
bornes. Aussi, peut-on dire que, même le plus défectueux des systèmes a
du bon, à la condition expresse d'être appliqué exactement; car si la
moindre fantaisie succède à la marche régulière primitivement adoptée,
tout se dérange, tout se détraque, comme dans une machine dont on enlève
une des pièces principales.
Il faut bien reconnaître qu'il y a peu de joueurs assez énergiques,
possédant la force de volonté nécessaire pour savoir se limiter en cas
de gain et se retenir en cas de perte.
On est pris du vertige de gros bénéfices; de même que lorsqu'on perd, on
n'a pas le courage de s'arrêter et d'attendre un moment plus favorable.
Si le joueur a besoin de volonté, de conduite, c'est-à-dire de patience
et de sang-froid, c'est en suivant scrupuleusement le système qu'il aura
choisi, qu'il trouvera ces conditions indispensables.
Jamais le joueur ne réunira trop de forces pour lutter contre la banque
qui possède sur lui certains avantages incontestables. Elle a le zéro à
la roulette. De plus, c'est une machine qui n'obéit pas à des nerfs;
elle est sans passion; elle ne connaît ni la joie, ni la colère qui
produisent l'emballement et conduisent fatalement à la perte. En un mot,
la banque n'a pas d'émotion: c'est là sa force.
De son côté, néanmoins, le joueur calme et prudent possède sur la banque
des avantages très précieux : il joue quand il veut, cesse quand cela
lui convient. Il peut également diminuer sa mise dans la perte, et
l'augmenter dans le gain; la banque reste toujours à sa disposition,
prête à tenir tous les coups qu'il lui plaît de tenter. Enfin, il a pour
lui ses systèmes, qu'il peut expérimenter tranquillement chez lui aussi
longtemps qu'il veut, avant de s'en servir. La banque est prémunie
contre le joueur par son maximum; il faut par contre, que le joueur se
fixe à lui-même un autre maximum d'au moins trois fois inférieur à celui
de la Banque, pour pouvoir résister aux coups de déveine.
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