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Le joueur
L'hygiène personnelle du joueur, a également une très grande importance
sur les bénéfices et les pertes. On comprend facilement qu'un joueur
surmené par les veilles et la fatigue n'a pas le sang-froid nécessaire
pour savoir se retirer du jeu lorsqu'il n'est plus en pleine possession
de ses moyens; un long repos préalable, est une quasi-certitude de
trouver la prudence, l'audace et l'action qui rendent le joueur maître
de son jeu. Ajoutez à ce sommeil une parfaite hygiène du corps: bain,
douches, massages, etc.. qui feront du joueur un athlète dans son genre.
Nous connaissons des joueurs qui, dans certains grands cercles, jouent
pour gagner leur «matérielle», — ce qui n'est pas défendu — et qui
s'astreignent à des soins particuliers. Chaque jour, après un déjeuner
suffisamment copieux, ils entreprennent une promenade d'environ deux
heures, d'allure ni trop vive, ni trop lente, puis, après des soins
hygiéniques très calculés, se couchent et dorment du sommeil du juste
pour se réveiller vers 10 heures du soir. L'habillage et un repas frugal
les mènent à 11 heures et, à minuit, ils entrent au cercle frais et
dispos, alors que la première bataille a déjà été livrée.
Pendant un certain temps encore, ils étudient la physionomie du jeu et
des joueurs, reconnaissant les banquiers en guigne et en veine. Dans le
premier cas, ils s'efforcent de trouver deux ou trois coups inutiles;
dans le second, la plupart du temps, ils s'abstiennent à moins que la
veine ne tourne.
Ce que font ces habiles, nous voudrions le voir faire à tous les joueurs
à la roulette.
Sans exiger autant, disons que nous voudrions voir nos lecteurs ne pas
jouer toute la journée ni même tous les jours. La fatigue vient vite et
on finit, après plusieurs heures d'attention soutenue, par ne plus voir
très clair. Si, cependant, le système que l'on suit est lent et
nécessite la présence du joueur à la table toute la journée, on devra
s'adjoindre un ami de confiance, avec lequel on se relaiera toutes les
deux heures environ.
Pour opérer dans de bonnes conditions, on doit prendre pour règle de se
retirer quand l'énervement vient, et de se réserver, en tous cas, deux
ou trois jours par semaine, pour des excursions.
En faisant une juste répartition entre le temps consacré au jeu, et
celui qu'on donne aux distractions en plein air, on établira un
équilibre nécessaire qui vous laissera toutes vos facultés, et
augmentera vos chances de gain. Il est bon aussi de sortir de table
quand on a bien gagné sa journée, de façon à ne pas laisser à la veine
le temps de tourner et de changer en perte un bénéfice acquis.
Pourquoi voit-on parfois tant de joueurs tout perdre ? C'est qu'ils ne savent
pas limiter leurs bénéfices a un chiffe fixé par eux d'abord comme
résultat pour une journée et qu'ils reperdent, quand la chance tourne,
non seulement ce bénéfice mais une partie de leur réserve.
Autre considération qui devrait toujours régler le jeu du ponte: Prendre
l'habitude d'augmenter la mise dans le gain et de la diminuer lorsqu'on
est en perte. Mais c'est tout le contraire qui se produit. Généralement
on amasse peu à peu et lorsque la somme est entamée par quelques coups
de perte on charge fortement «pour se rattraper» et toute la provision a
bien vite fait de disparaître.
Malheureusement trop de joueurs ne vont au casino que pour gagner la
forte somme en quelques coups, soit qu'ils en aient besoin pour une
échéance, soit pour sauver une situation compromise.
Ceux-là ne se possèdent pas, parce qu'ils sont harcelés sans cesse, non
seulement par la crainte de ne pas gagner ce dont ils ont un besoin
urgent, mais encore par l'inquiétude plus vive de perdre gros et
d'augmenter ainsi les difficultés qui les talonnent.
On ne doit aller s'installer devant une table de roulette qu'avec la
seule intention de s'y distraire, autant par un jeu calme et étudié que
par les différentes attractions que le séjour vous offre.
Enfin, il ne faut s'y rendre qu'avec un plan arrêté d'avance qui a déjà
donné des résultats sérieux à d'autres.
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