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LES MARTINGALES ET LES SYSTÈMES

 

Le Massage

Ayant choisi une attaque, le problème de pose de voir de quelle manière répartir entre les coups la cave dont on dispose. Imaginons une martingale très simple et dans laquelle la mise est doublée après chaque coup perdant. Supposons aussi le jeu sur les chances simples. Au premier coup, le joueur a perdu sa « pièce », c'est-à-dire l'unité de mise qu'il s'est fixée.

Au second, il en jouera 2 et, s'il perd, 4 au suivant, puis 8, 16, 32, etc. Imaginons que le cinquième coup soit gagnant, il reprendra sa mise doublée, soit 32. Il aura ainsi aventuré 1 + 2 + 4 + 8 + 16 = 31 fois sa mise pour un gain égal à une seule mise. On voit le danger de cette progression géométrique. Il arrivera un moment où la mise à faire dépassera le montant de sa cave. Ceci avec un jeu équitable. Dans le cas contraire habituel, même si sa cave est importante, le joueur risque d'atteindre le plafond fixé à la mise. En outre la sortie du zéro ne le fait pas jouer à chances égales. Le danger est d'autant plus grand que le montant de la mise initiale (pièce) est important par rapport à celui de la cave dont on dispose. Aussi a-t-on imaginé des montantes lentes, des montantes applicables à un nombre réduit de coups et aussi des descendantes.

 

 

 

La martingale de d'Alembert en est un exemple. Hâtons-nous d'ajouter qu'en dépit du grand nom qui s'y attache, elle n'est pas plus scientifique que les autres. Elle consiste à diminuer sa mise après un gain et à l'augmenter après une perte. Elle peut débuter par exemple avec 3 pièces. En cas de gain au premier coup, on jouera 2 pièces au second ; si l'on avait perdu, on en aurait joué 4. En supposant cinq coups perdants suivis de quatre coups gagnants, l'on aura, avec une pièce au départ, les pertes et gains successifs suivants :
- 1, — 2, - 3, - 4, - 5, +6, +7, +8.

Ceci donne une perte de 15, pour un gain de 18 ; donc, en définitive, un gain de 3. Toutes les suites possibles ne donnent évidemment pas un résultat analogue et il faut compter aussi avec la limite de la cave et le plafond du jeu. La montante lente peut consister à suivre une progression non pas géométrique, mais arithmétique. Par exemple 1, 2, 3, 4, 5, etc. Ou encore : 1, 2, 2, 3, 3, 3, etc.

A l'opposé, le « tiers-et-tout » consiste à jouer au premier coup le tiers de sa masse et, en cas de perte, tout le reste au second coup. La montante lente prévoit généralement un nombre donné de coups, après quoi l'on revient à la mise de départ. D'autres martingales comportent un départ avec plusieurs pièces et des mises successives dont le montant variable est fixé à l'avance pour une série de coups et doit être majoré en cas de perte. Les martingales descendantes partent d'une mise de plusieurs pièces. A chaque coup, la mise est réduite d'une ou plusieurs unités. Cette méthode est souvent pratiquée lorsque la montante s'est soldée par un gain.

Dans plus d'un roman et parfois aussi dans la réalité, mais plus rarement, on voit un joueur débutant, tout étonné de découvrir singulièrement multipliée la mise qu'il avait posée sur le tapis. La chance sur laquelle il avait parié est simplement sortie plusieurs fois et la mise augmentée du gain a participé aux coups suivants. Le grief fait aux martingales par certains est justement de ne pas toujours permettre de profiter au mieux d'une bonne série.

Aussi a-t-on imaginé le paroli consistant à laisser tout ou partie du gain, voire à augmenter sa mise après un coup gagnant. Le mot qui remonte au 17eme siècle vient d'un terme napolitain, indiquant l'égalité. Il désignait primitivement le fait de doubler la mise. En fait il existe aussi une autre forme de paroli consistant à « assurer » sa mise, c'est-à-dire à la retirer au premier gain. Le paroli peut être l'équivalent du fameux « quitte ou double ». C'est le cas quand un joueur se trouvant en gain joue le tout pour le tout sur une chance multiple. Si dans sa pensée, ceci équivaut à dire : « Pouce, je ne joue plus » ce n'est pas grave. Il rend son gain avec une petite chance, sur laquelle il ne compte guère, de le voir multiplié. En revanche, faire paroli systématiquement peut être très dangereux. Le joueur ainsi lancé s'arrête toujours, limité par sa cave ou par le plafond ; mais il s'arrête presque toujours un coup trop tard.


 

 
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