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La demande à
l'Écarté
Connaissant seulement six cartes sur 32, soit les cinq reçues et celle
retournée désignant l'atout, il n'est évidemment pas possible d'être
très éclairé sur le jeu de l'adversaire. Les cinq cartes de ce dernier
constituent une des 65 000 combinaisons possibles. Il n'empêche que le
calcul des probabilités donne des indications utiles en ce qui concerne
les atouts. Comme il y a quatre rois, il y a 12,5 chances sur 100 pour
que la carte retournée comme atout soit un roi. Si tel n'est pas le cas
et qu'on n'ait pas le roi dans son propre jeu, il y a quatre fois plus
de chances pour qu'il soit parmi les vingt et une cartes restantes que
dans le jeu adverse. Plus on distribue de cartes à l'adversaire, plus
les chances de donner le roi augmentent. Si l'on veut prendre soi-même
cinq cartes pour en donner cinq, chacun a des chances égales d'avoir le
roi. Si l'on en écarte seulement une ou deux et que l'adversaire en
écarte trois, quatre ou cinq les chances qu'il a de recevoir le roi sont
plus grandes. Il est donc plus indiqué en pareil cas de refuser de
donner des cartes ou de n'en pas demander.
D'autre part, un des
atouts étant retourné, il en reste sept. Un jeu comportant trois atouts
est excellent. On a, en effet, seulement 6 chances sur 100 d'avoir plus
de deux atouts parmi ses cinq cartes. Les autres chances sont les
suivantes. Aucun atout : 25%. Un seul atout : 44%. Deux atouts : 25%. Il
est des cas pourtant où, avec un bon jeu, la demande peut être envisagée
dans l'espoir de marquer un point de refus ou de recevoir la carte
permettant de faire la cinquième levée et de marquer le point de vole.
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