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LA BOULE
Le jeu se pratique sur une grande table, comportant en son milieu le
plateau de jeu et de part et d'autres deux tapis verts destinés à
recevoir les mises. Le plateau est un carré de 1,85 m de côté. Il
présente en son milieu une cuvette circulaire de 1,50 m de diamètre.
Celle-ci présente au centre une éminence autour de laquelle sont
réparties deux, ou quatre rangées de neuf trous, numérotés de 1 à 9.
C'est dans une de ces cuvettes que viendra s'arrêter la boule de
caoutchouc indiquant le numéro gagnant. Les trous 1, 3, 6 et 8 sont de
couleur noire. Les trous 2, 4, 7 et 9 sont rouges. Le trou 5 est jaune.
Ces couleurs ont pour but de permettre une autre base de pari : rouge ou
noir. Les deux tableaux de jeu identiques sont divisés en un certain
nombre de cases correspondant aux divers jeux possibles. Le joueur a le
choix entre les chances multiples, c'est-à-dire jouer un numéro plein de
1 à 9, et les chances simples. Ces dernières sont pair et impair, rouge
et noir, passe et manque. Il faut remarquer que le numéro 5 ne figure
dans aucune de ces combinaisons. Il occupe la case centrale du tableau
et peut être joué comme tout autre numéro ; mais, il n'est ni rouge ni
noir, il est exclu de la série impaire
(1, 3, 7, 9) et Ton entend par manque les numéros qui lui sont
inférieurs et par passe ceux qui lui sont supérieurs.
Le Jeu de la boule
Les mises se font à partir du moment
où le croupier, chef de partie, annonce : « Faites vos jeux ». Elles
sont posées, sous forme de jetons, dans la ou les cases du tableau
choisies par le joueur. Le minimum, fixé par l'arrêté d'autorisation,
est, comme le maximum affiché dans la salle. Pour un numéro plein, le
casino ne peut fixer un maximum inférieur à quarante fois ni supérieur à
cent fois le minimum autorisé. Pour les chances simples, la latitude
laissée au casino va de deux cents à cinq cents fois le minimum. La
boule est ensuite lancée le long du bord extérieur de la cuvette. Elle
va, en spirale, effectuer plusieurs fois le tour de celle-ci avant
d'aborder la zone des cuvettes. C'est avant cet instant que le croupier
demande : « Les jeux sont faits ? », puis annonce : « Rien ne va plus ».
Toute mise déposée après cet avis est refusée. Les jetons sont renvoyés
par le croupier au parieur tardif avec son râteau. Une fois la boule
immobilisée dans une cuvette, le chef de partie annonce le résultat.
S'il s'agit, par exemple, du 7 il dira : « Le 7, rouge, impair et passe
». Le croupier ramasse alors avec son râteau toutes les mises perdantes.
Il laisse sur la table les mises gagnantes auxquelles il ajoute le gain.
En cas de gain, la mise sur les chances Simples (rouge-noir,
pair-impair, passe-manque) est doublée. Le joueur récupère sa mise et
reçoit une valeur égale à celle-ci. La mise sur un numéro plein est
multipliée par 8. Le joueur reprend sa mise et en reçoit sept fois la
valeur.
La rapidité des opérations, comme le fait que plusieurs joueurs aient
posé des jetons dans la même case, réclament du parieur une certaine
attention. Entendons par là qu'il peut se trouver autour de la table de
jeu certains habitués tout prêts à profiter de l'hésitation d'un
débutant ou de sa lenteur. On voit parfois ce qu'on appelle des
ramasseurs « d'orphelins » s'appropriant prestement des jetons
paraissant oubliés. Il y a aussi le maladroit qui, en misant lui-même,
déplace l'enjeu d'autrui. Si le premier numéro sur lequel il se trouvait
vient à sortir, son propriétaire peut s'étonner que, tout en lui
accordant paiement, l'employé ne paraisse pas plus sûr de sa bonne foi.
Il faut dire qu'il y a parfois connivence entre le prétendu "maladroit
pratiquant « la poussette » et le joueur intéressé.
Boule ou Roulette
Etant donné qu'indiscutablement la
boule est un jeu plus désavantageux que la roulette, on peut s'étonner
qu'elle n'en connaisse pas moins une assez grande faveur dans les
établissements où elle est en concurrence avec cette dernière. Les
formalités d'accès plus simplifiées à la salle de boule contribuent sans
doute, comme nous l'avons indiqué, à rendre le jeu plus populaire ; mais
il est aussi une autre cause qui apparaîtra mieux maintenant que nous
avons évoqué les méthodes de jeu. La roulette, en dépit de la dextérité
des croupiers, est, du fait même de la multiplicité des mises possibles,
un jeu plus lent que la boule. Il y aura donc plus de coups dans le même
temps à ce dernier jeu et, quel que soit le système pratiqué, plus
d'occasions de passer à l'attaque. Évidemment, la masse peut fondre plus
vite 1 Le succès, outre Atlantique, de la « roulette américaine » est
essentiellement dû au fait que le jeu plus rapide permet de donner aux
joueurs plus d'émotions sans prendre plus de temps.
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