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Le tirage au baccara
Le tirage au baccara est à envisager différemment suivant que l'on
tient le rôle de ponte ou celui de banquier. Si le ponte totalise
avec ses deux cartes 8 ou 9 points, il
abat son jeu. S'il a 0 (baccara), 1, 2, 3 ou 4 il tire, c'est-à-dire
demande une carte. Le seul cas où il ait un choix se pose quand il a
5. Il lui faut alors pour améliorer son jeu tirer un as, un 2, un 3
ou un 4. Toute autre carte, soit diminuera son total, soit, s'il
s'agit d'une « bûche » (10 ou figure) ne le modifiera pas. Le joueur
a 5 chances sur 13 de diminuer son total en tirant un 6, un 7, un 8
ou un 9. Il n'a que 4 chances sur 13 de l'améliorer ou de ne pas le
modifier. Le ponte peut demander au croupier ce qu'on appelle le «
tableau ». Celui-ci, conformément aux probabilités, indique qu'il ne
doit pas tirer à 5. Il lui faut donc rester et le banquier saura
qu'il a 5, 6 ou 7. Il peut aussi garder sa liberté de choix. Auquel
cas, il reste à 5, si sa plus forte carte est un 4 et tire à 5, si
elle est inférieure à 4. Le tirage à 5 aura lieu ainsi en moyenne,
une fois sur quatre. Le désavantage se trouve compensé par le fait
qu'on ne donne pas au banquier d'indication aussi précise. Le ponte
peut avoir tiré parce qu'il avait baccara, 2, 3 ou 4 ou être resté,
ayant non pas 5, mais 6 ou 7.
Il est bon de rappeler que la probabilité d'avoir baccara avec ses
deux cartes est plus grande que celle d'un autre total. Il y a 14,8
chances sur 100 d'avoir zéro et 9,5 chances sur 100 d'obtenir chacun
des totaux de 1 à 9. De même, quand on tire une carte, la
probabilité de sortir une « bûche » est d'environ 30 pour 100.
Le banquier a l'avantage de pouvoir tirer parti de la réaction du
ponte, dans tous les cas évidemment où, ni l'un ni l'autre, n'ont
abattu 8 ou 9. Il existe un « tableau de tirage » établi d'après les
calculs de probabilités. Il indique si le banquier doit tirer ou
rester, compte tenu des points qu'il a dans son jeu et de la carte
qu'il a remise à découvert au ponte. Le joueur tenant la banque peut
toujours, si sa mémoire est défaillante, demander au croupier
l'indication donnée par le tableau. Cette riposte automatique du
banquier n'est nullement obligatoire. Elle n'est pas non plus
infaillible. Elle donne la meilleure solution dans environ sept cas
sur dix.
Dans tous les cas, à moins que le ponte n'ait abattu 8 ou 9, le
banquier qui n'abat pas 8 ou 9, tire s'il a baccara, 1 ou 2 et reste
s'il a 7. Pour 3, 4, 5 ou 6, il va tirer ou non selon qu'il y a eu
demande ou non demande de carte et, dans ce second cas, selon la
carte donnée au joueur.
Le tableau suivant donne les différentes situations en supposant des
pontes ne tirant pas à 5. La première ligne horizontale indique la
valeur de la carte donnée au ponte (0 à 9). La dernière case,
portant la lettre N, correspond au cas où le ponte a dit « Non »,
c'est-à-dire s'est contenté de ses deux cartes. La colonne de gauche
indique le total des points du banquier (0 à 7). Dans le tableau la
lettre T conseille au banquier de tirer et la lettre R de rester
avec ses deux cartes initiales.
On voit ainsi que :
a. Si le ponte ne prend pas de carte, le banquier tire, sauf s'il a
6 ou 7.
b. Si le ponte prend une carte, il tire toujours quelle que soit la
carte donnée s'il a en main 0, 1 ou 2.
— Ayant 3 en main, il tire sauf s'il donne 8 ou 9.
— Ayant 4 en main, il tire s'il donne 2, 3, 4, 5, 6 ou 7. Il reste
s'il donne 0, 1, 8 ou 9.
— Ayant 5 en main, il tire s'il donne 5, 6 ou 7.
— Ayant 6 en main, il tire s'il donne 6 ou 7.
— 90 —
— Ayant en main 7, il ne tire pas, quelle que soit la carte donnée.
Avec des pontes tirant à 5, quelques modifications, peu nombreuses
d'ailleurs, sont à apporter au tableau. Le banquier ayant 3 et
donnant 9 tire. S'il donne 8, il peut tirer ou non : les chances
sont égales. Ayant 5 et donnant 4, il tire.
Une autre considération peut intervenir quand le jeu se déroule sur
deux tableaux. Il y a lieu alors de considérer l'importance relative
des enjeux. Imaginons par exemple que la mise sur le premier tableau
soit double, voire triple de celle misée sur le second. Le banquier
donne une bûche au premier tableau, à un joueur qu'il sait tireur à
5. Il donne ensuite un 6 au second tableau qui n'a qu'une somme
minime d'enjeu, alors qu'il a lui-même 6. Régulièrement il devrait
tirer, en vertu de la règle : qui donne un 6 tire à 6. Pourtant,
dans les conditions actuelles, il a de sérieuses chances de gagner
sur le premier tableau une somme plus importante que sa perte
probable sur le second. Au contraire, il aurait eu tout avantage à
tirer si le 6 était allé au premier tableau et la bûche au second.
Le gain probable sur ce dernier ne pouvant en définitive se traduire
que par un déficit par la chance offerte, en ne tirant pas, au
tableau des grosses mises.
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