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D'abord, pourquoi joue-t-on ?
Si tout joueur espère gagner, le
véritable « joueur » joue par amour du jeu. Entendons par là que si
certain jeu lui donnait la certitude de gagner, il n'aurait plus
pour lui le même attrait. A l'opposé du loto ou des paris sur les
courses de chevaux et les paris sportifs, les jeux de casinos
donnent plus aux participants l'impression d'une initiative et
toutes les émotions de voir le hasard décider de la perte ou du
gain. A moins d'être sur le champ de
courses, le parieur est privé du spectacle des péripéties conduisant
au classement. De même, l'acheteur d'un billet de loto est d'autant
plus privé de l'émotion du jeu que le tirage est lointain.
Au contraire, au casino, la réponse du
destin est immédiate. Entre la mise et le verdict, espoir comme la
crainte vont d'autant plus intensément être ressentis. Le joueur
devient, pour un temps, une manière d'acteur dans un monde où les
règles sont différentes de toutes celles habituellement pratiquées.
A ce titre le jeu est un divertissement comme un autre. Reste à
savoir s'il ne risque pas de devenir fort onéreux. Nous avons eu à
ce propos l'occasion de signaler divers écueils à éviter, pour
garder au jeu son caractère d'amusement.
L'autre question qui vient à l'esprit, est la suivante : Peut-on
faire fortune au jeu ? Là, nous avons donné tous les éléments de
réponse. Que dans l'ensemble tous les joueurs perdent, c'est
certain. Les établissements de jeu sont nécessairement
bénéficiaires. Qu'il s'agisse de jeux à contrepartie ou à gain le
résultat est le même. Si l'établissement — et l'État — devait perdre
ou simplement ne rien gagner, il n'y aurait pas de jeux. En
revanche, même dans les jeux les plus désavantageux, le bénéfice est
loin d'amputer les mises de quelque 40 % comme il arrive dans les
loteries. Il y a donc des gagnants et même de gros gagnants à
l'occasion. Sans quoi, il n'y aurait pas de joueurs. Limitée à un
petit nombre de coups, telle méthode de jeu peut donner des chances
égales de gains importants et de grosses pertes. Le même système
aboutit au contraire à la ruine si le joueur ne sait pas s'arrêter.
Bien sûr des joueurs ont perdu leur fortune ; mais souvent aussi,
ils ont perdu la fortune qu'ils avaient gagnée au jeu ! Leur faute
est de n'avoir pas su se limiter en cas de gain et se retenir en cas
de perte. Le joueur calme et prudent possède sur la banque des
avantages très précieux : il joue quand il veut et comme il veut ;
il cesse quand cela lui convient. S'il a gagné, il s'en réjouit.
S'il a perdu, un autre jour lui sera peut-être plus favorable. A lui
d'être assez sage pour n'avoir pas à considérer cet accident comme
une « bonne leçon » ; mais plutôt le juste tribut payé pour un
divertissement auquel il a, dans le fond, pris plaisir. Reste le
choix des jeux. Question de goût, de lieu et aussi de mode.
L'art des jeux
Il y a longtemps que les jeux de hasard ont intéressé et souvent
passionné l'homme. Pourtant, c'est seulement au 17eme siècle que les
mathématiciens ont commencé à poser les bases de la science du calcul
des probabilités. Avant d'évoquer les différentes méthodes de jeu, il
nous a paru bon de rappeler quelques principes essentiels. Souvent, en
effet, ces règles sont mal interprétées par les joueurs. Sans doute,
comme l'a dit Laplace, « la science des probabilités n'est que le bon
sens réduit au calcul » ; mais il faut compter avec les croyances
parfois contraires et aussi avec le fait qu'existent, dans ce domaine,
des lois scientifiques en apparence contradictoires. Il est évident déjà
que des événements, tout en dépendant du hasard, peuvent aussi être
déterminés d'une certaine manière. La compagnie d'assurances sur la vie,
par exemple, sait très bien, d'après les tables de mortalité, le montant
des sommes qu'elle aura à verser, tout en ignorant évidemment quelles
personnes, dans chaque groupe d'âge, viendront à décéder. La science, si
l'on préfère, ne s'occupe pas de la chance elle s'intéresse à ce qu'on
appelle communément les chances.
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